La mère de mon petit ange vient de m'appeler. Il a 2 exposés oraux à faire pour mardi. Il panique.
(Ne t'inquiète pas, chéri, je vais venir demain. Tout va s'arranger. Et tu vas encore avoir 90 000%, comme dans toutes tes présentations et examens.)
Il a confiance en moi. Il sait que ça va bien aller si je viens l'aider.
Après tout, je lui ai quand même appris à lire et à écrire...avec une technique que j'ai développé avec lui, en fonction de ce qu'il comprenait le mieux. Il était anglophone dans une école francophone, je ne savais même pas s'il comprenait vraiment ce que je lui disais et ce que ses professeurs lui disaient à l'école. Je l'ai aidé à corriger sa dyslexie entre les p et les d, entre les f et les v. Il est vraiment impressionnant. Ses profs n'en reviennent pas. Il est celui qu'on n'aurait jamais cru qu'il serait premier de classe. Pourtant, il l'est.
Il chicane à propos d'une fille qui trouve que d'avoir 5 fautes dans une dictée, c'est la même chose que couler. Il trouve ça exagéré. Il la trouve trop parfaite. Je lui ai dit qu'il y en a toujours des comme ça, et que ce n'est pas grave. Ce que je ne lui ai pas dit, par contre, c'est que dans mon temps, cette fille là, c'était moi. Il me fait réfléchir. Il a tellement raison. Du haut de ses huit ans, il peut tenir une conversation très sérieuse. Il est curieux, il en veut toujours plus. Il pose beaucoup de questions, et moi je lui réponds au meilleur de mes capacités.
Il parle parfois un mélange d'anglais et de français. Je le corrige gentiment, il ne le prend pas mal (moi je l'aurais mal pris). Il mélange aussi les féminins et les masculins, mais moins qu'avant. Il réussit à se faire comprendre en tout cas et il n'est pas gêné. Il ne m'appelle plus madame et ne me vouvoie plus (merci mon dieu).
Il a une capacité d'absorbtion phénoménale. Apprendre un poème entier en 10 minutes, connaître déjà presque parfaitement les tables de multiplications (et sûrement mieux que moi...quoique à force de les lui demander, ça me revient), savoir écrire des milliers de mots sur lesquels je butte moi-même parfois, comprendre ce que je lui dis quand je lui explique la racine latine des mots, bref quand on dit que les enfants sont comme des éponges, ça s'applique vraiment à lui. Mais ce qui l'aide le plus, c'est sa volonté d'apprendre. Il lit beaucoup.
Il est très sensible aussi. Il est l'enfant du milieu et en un sens, il en subit les conséquences. La place où il se démarque de ses frères, c'est à l'école et en drum. Son plus grand frère joue au soccer et au football, il est capitaine dans presque toutes ses équipes. Son petit frère, lui, a 2 ans. Il va devenir musicien, ou en tout cas se démarquera dans un domaine artistique, c'est le rêve de son père. C'est l'enfant que son père n'attendait plus. Il a beaucoup d'attention et une très forte personnalité avec ses 2 pieds et demi de hauteur. Mathieu, lui, est pris entre les deux. Au Super Bowl, il était le seul à défendre l'équipe qui a perdu. Il a pleuré pendant 2 heures et le lendemain matin n'a pas parlé à personne. Il était inconsolable. Son grand frère avait encore eu raison. C'était toujours l'équipe de son frère qui gagnait, jamais la sienne. Il était fâché, déçu...Il sait que ce n'est que du sport, mais pour lui ça va plus loin.
Il prend des cours de drum depuis quelques mois, il s'en vient pas mal bon à ce qu'il parrait. Il est tout petit et ça fait vraiment drôle de le voir s'instaler et jouer avec une telle vigueur (il en a un dans son sous-sol). Je ne sais pas d'où il sort toute cette force (à mon avis il joue trop fort, mais si ça lui fait plaisir...).
Enfin voilà.
1 commentaire:
wow, quelle belle complicité tu possèdes avec ce petit garçon, je t'ai tellement trouvé inspirante :)
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