jeudi 26 novembre 2009

Humeur de métro

J'avais l'impression que je n'avais rien à vous dire...et c'est pas mal vrai...vous allez voir qu'à la fin du message, vous allez être toujours aussi frustré.

Il y a deux jours, dans le métro, alors que je rentrais chez moi, j'étais assise plus ou moins à côté d'un homme. Laissez-moi vous le décrire un peu, mais c'est difficile à faire. Il devait avoir entre 25 et 30 ans, je dirais, il était checké, bien habillé, avec une barbe de taillée avec la précision d'une montre de poche. Il avait un livre d'économie entre les mains, je crois. Tout le long du trajet, j'avais crû qu'il le lisait en surlignant de son gros marqueur jaune (ou bleu, j'ai un blanc).

C'est en me levant pour sortir que j'ai réalisé qu'il m'avait peut-être regardée pendant toutes ces stations (mon reflet dans la vitre, j'imagine), parce qu'il me suivait des yeux et qu'il a presque sursauté quand je l'ai regardé. Lui, il ne m'a pas que regarder 2-3 secondes. Non. Il me fixait. Il fixait mon regard dans le reflet dans la porte. Je l'ai vu. Il cherchait mes yeux et les fixait. J'ai embarqué dans son petit jeu et j'ai soutenu son regard sans sourciller. Il n'a pas détourné les yeux, loin de là. J'étais contente, je lui ai souri. La porte s'est ouverte, je suis sortie en repensant à ce qui venait de se passer. En montant les marches de l'escalier, j'ai tourné les yeux vers le wagon que je venais tout juste de quitter, juste pour voir. Il était toujours là. J'ai croisé son regard encore une fois, il me regardait toujours. Cette fois-ci, son regard avait changé, il avait l'air de dire un mélange de «je te veux» et de «Ne pars pas». Je lui ai souri à nouveau. Jusqu'à ce que le metro s'éloigne de plus en plus vite vers la prochaine station. Qu'est-ce que je risquais...

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