dimanche 19 avril 2009

Croustille.

Bon bon bon...

Là, j'ai un bon titre et une super intro courte et frappante qui invite à continuer la lecture, mais je bloque. Les mots ne viennent pas. Pas comme je le voudrais. Pas dans un ordre qui fait joli. Ils viennent en vagues, en gros brouillon. C'est à prendre ou à laisser. Ce sera une histoire rêche comme les mots qui m'arrivent.

C'était un jour d'automne. Un jour d'automne grisâtre et terne, juste au moment où l'automne a perdu ses feuilles ambrées et que tout est de nouveau sale et laid. Dans la chambre Ouest du deuxième étage régnait une atmosphère tendue, désagréable. Le sujet de mésentente n'était pas plus grave que les autres fois. Chacun de leur côté, ils passaient le temps, muets et passablement énervés. L'un faisait semblant de s'intéresser à ce que lui disait son écran d'ordinateur, l'autre était couchée sur le lit et regardait le plafond en tentant désespérément de contenir l'ampleur de sa détresse.

Ne sachant plus que faire et n'ayant aucune envie d'endurer plus longtemps l'insupportable manège, elle se leva, ramassa sa veste et sortit, toujours sans dire un mot.

Elle avait besoin de prendre l'air. Beaucoup d'air.

Une fois dehors, elle prit à droite et emjamba la clôture à moitié arrachée qui menait au chemin de fer. Depuis quelque temps, les trains n'y passaient plus. Elle marcha, en équilibre sur la voie, droit devant elle. Lentement. Péniblement. L'air était lourd. Une fine pluie commençait. Elle se retourna: rien.

Elle marcha encore. Elle était loin. Elle aurait dû rentrer. Elle le savait. Elle avait peur.


Un grondement sourd se fit soudain entendre. Les rails tremblaient. Elle se retourna: au loin, perdu dans le brouillard, une lumière qui s'approchait, elle sursauta. Un train et une silhouette familière. Je crois que c'est là que les premières larmes se mêlèrent à la pluie qui devenait de plus en plus forte. Elle ne bougeait pas. Le train avançait toujours. Lui, il courrait.

Le conducteur du train aperçu finalement la jeune femme. Il attrapa la cordelette et fit sonner la cloche de son énorme locomotive qui roulait à plein gaz.

Son coeur battait fort.

Lui courrait toujours.

Elle consentit enfin à bouger.

Une dizaine de secondes plus tard la locomotive la dépassait, et il arrivait, apeuré, essouflé.

Il la pris dans ses bras et la serra fort contre lui. Longtemps. Le train passait. La ferraille criait. Les coeurs battaient. Les yeux pleuraient.

Le calme revint. Le train s'éloigna. Ils attendirent.

Il relâcha son étreinte, la prit par la main et la ramena à la maison, doucement.
Inspiré de faits vécus.



3 commentaires:

L a dit…

je suis
je
...

je retiens mon souffle
en fait il est coupé

je me croirais cachée derrière un arbre qui borde la track...
témoin de cette scène

j'ai envie de pleurer
sincèrement

c'est beau

Camille a dit…

L'histoire n'est ni rèche ni brouillon. Elle est prise sur le vif. C'est une écorchure à la fois belle et tragique.

Le texte est court, brut, poétique.

Le titre cloche un peu, mais au-delà du train qui sonne, rien d'autre n'importe.

J'ai beaucoup aimé. Vraiment.

Dieu, l'impuissant a dit…

on entre facilement dans l'atmosphère, on s'image bien la scène, l'enveloppe de l'histoire se fait sentir dès les premières lignes... envoûtant... continue!! j'ai hâte de lire la suite (s'il y en a une)